Interview de Mohamed AHMIMID, Key Account Manager chez Edenred

Diplômé de l’ENC Bessières, Mohamed Ahmimid est aujourd’hui Key Account Manager chez Edenred, leader mondial des solutions de paiement pour les entreprises, spécialisé dans les avantages aux salariés Avec humour et recul, il revient sur son parcours, les coulisses de son métier, ses défis quotidiens et livre ses conseils aux nouvelles générations. Une plongée authentique dans l’univers exigeant des grands comptes.
Est-ce que tu peux te présenter brièvement ?
Je suis aujourd’hui Key Account Manager chez Edenred, leader mondial des avantages aux salariés comme le Ticket Restaurant. On est présents dans 45 pays, et cela fait maintenant 4 ans que je suis dans l’entreprise. En synthèse, mon travail consiste à être responsable d’une vingtaine de grands comptes issus du CAC 40 ou du SBF 120.
En quoi consiste ton métier de Key Account Manager ?
Je pilote la relation entre mon entreprise et les clients grands comptes, de A à Z. Mes missions sont très larges :
Développer et fidéliser un portefeuille de grands comptes
Comprendre les besoins clients et proposer les solutions Edenred adéquates
Piloter la stratégie commerciale des comptes clés
Négocier et sécuriser les contrats
Coordonner les équipes internes et garantir la qualité d’exécution
Analyser le marché et détecter de nouvelles opportunités
Développer une vraie expertise sectorielle
Pour faire ce métier, il faut une intelligence relationnelle très forte car nous sommes en permanence en interaction avec différents interlocuteurs et différentes fonctions : DRH, Achats, juridique, directions commerciales, DAF etc. Il faut faire preuve d’adaptabilité, d’écoute et de réactivité.
Qu’est-ce que tu préfères dans ce métier ?
Indéniablement, c’est le fait d’être un vrai chef d’orchestre en lien avec les différents services aussi bien chez le client qu’en interne.
C’est un métier où il est impossible de s’ennuyer car les interactions sont riches, variées et impliquent des interlocuteurs de différents niveaux :
Un jour, tu es en rendez-vous pour des questions très opérationnelles, le lendemain, tu participes à un événement avec des DG et DRH et un autre jour, tu dois faire une soutenance pour un gros dossier.
Cela te pousse à apprendre en continu et à améliorer en permanence ta communication, ta posture, ton positionnement et à développer ta curiosité.
Quel est le plus gros challenge que tu rencontres au quotidien ?
Trouver l’équilibre entre l’humain et les impératifs business. Il faut livrer, atteindre ses objectifs, garantir la satisfaction des clients, la rentabilité tout en mettant les relations humaines au centre car c’est notre moteur.
C’est ce lien étroit entre performance et relationnel qui rend le métier exigeant et passionnant.
Pourquoi as-tu choisi cette voie ?
J’ai toujours aimé le contact. À l’ENC Bessières, à la fin des années 90, les formations Bac+2/Bac+3 nous mettaient tout de suite sur le terrain. J’ai commencé commercial, chef de secteur, avec des petits comptes, puis j’ai fait mes preuves, gravi les échelons jusqu’aux grands comptes.
Ce qui me plaît dans le poste de KAM (Key Account Manager), c’est le management transversal dont j’ai parlé juste avant. Tu n’as pas de lien hiérarchique, mais tu dois mobiliser les équipes et les embarquer autour d’un objectif commun. C’est un rôle qui demande beaucoup de diplomatie, de pédagogie et un grand sens du travail en équipe.
Quel a été ton parcours pour en arriver là ?
Après mon BTS, j’ai fait une spécialisation en marketing, parce que c’est indissociable du commerce. Puis j’ai travaillé dans une entreprise de fontaines à eau qui venait de se créer sur un marché totalement vierge et donc en pleine croissance.
Avec le fort développement de l’entreprise et grâce à mes performances, j’ai évolué et participé à la création de la cellule grands comptes.
Ensuite, j’ai évolué dans d'autres structures souvent grâce à mon réseau car dans mon métier le réseau joue un rôle important.
Tout au long de ma carrière, j’ai fait des formations dans les domaines de la communication, la gestion de portefeuille, la négociation, l’intelligence émotionnelle etc. Se former est essentiel pour s’adapter à des environnements en perpétuelle mutation.
Qu’est-ce que l’ENC Bessières t’a apporté ?
Beaucoup ! L’ENC Bessières m’a donné des bases solides : rigueur, professionnalisme, mais aussi le travail collaboratif. On faisait beaucoup de projets de groupe, ça t’apprend à écouter, à déléguer, à coopérer. Et puis il y avait un vrai esprit de promo. On était soudés. Je me souviens des actions pour financer notre voyage à New York : ventes de roses, de pains au chocolat. C’était formateur et fun !
Quels conseils donnerais-tu aux étudiants d’aujourd’hui ?
Soyez curieux, vraiment. Le monde change vite. Il faut sortir de sa zone de confort, ne pas se contenter de sa fiche de poste. Remettez-vous en question, creusez, explorez. Travaillez votre communication écrite et orale, c’est indispensable. Et puis, ne vous arrêtez jamais à la première version de vos projets : les suivantes seront toujours meilleures. Ayez le goût de l’effort et de la rigueur.
Une anecdote à partager ?
J’ai retrouvé des interlocuteurs avec qui j’avais travaillé dans le passé (il y a 10 ans), dans une autre entreprise, sur d’autres missions. Et aujourd’hui, on retravaille ensemble. Dans les grands comptes, le monde est petit (sans jeu de mots :)) Il faut toujours laisser une bonne empreinte et bâtir des relations qui durent.
Tout en restant dans un cadre professionnel, nous partageons beaucoup de moments très chaleureux avec nos interlocuteurs avec qui on a plaisir à échanger et à coconstruire des partenariats durables. Ces échanges humains rendent clairement mon métier beau et passionnant.
